Tu n'es pas responsable des émotions des autres : comment aider sans t'épuiser

Depuis sa rupture, ta meilleure amie t'appelle chaque soir. 1 heure, parfois 2. Tu pleures avec elle, tu y repenses au bureau, tu dors mal.

Au bout de 3 semaines, c'est toi qui es à bout. Quand son prénom s'affiche sur l'écran, tu soupires avant de décrocher. Puis tu culpabilises d'avoir soupiré.

Tu te dis qu'une vraie amie doit souffrir avec elle.

Pourquoi tu portes la peine des autres

Plus tu tiens à quelqu'un, plus sa peine déborde sur toi. Et on t'a souvent fait croire qu'aimer, c'est avoir mal avec l'autre. Que si tu ne souffres pas un peu, c'est que tu ne tiens pas vraiment à elle.

Alors tu prends tout : sa tristesse, sa colère, ses nuits blanches. Et un jour, tu n'as plus rien à donner, ni à elle ni à toi.

Ce que dit la recherche : empathie et compassion

Tania Singer et Olga Klimecki, chercheuses à l'Institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne, ont résumé en 2014 plusieurs années de travaux. Elles distinguent 2 réactions face à la souffrance d'un proche.

  • La première : ressentir sa douleur comme si c'était la tienne. Répétée, elle fait monter les émotions négatives et peut mener à l'épuisement.

  • La seconde, la compassion : te soucier de l'autre avec chaleur, sans prendre sa douleur sur toi. Dans leurs entraînements, elle allait avec plus d'émotions positives, et donnait envie d'aider.

Autrement dit, tu peux être pleinement là pour quelqu'un sans t'abîmer. Et c'est même comme ça que tu aides le mieux.

Source : Singer, T. et Klimecki, O. M. (2014). Empathy and compassion. Current Biology, 24(18), R875-R878.

La mascotte d'Amour de soi au quotidien, bras ouverts sur un balcon au lever du soleil

Ce qu'on oublie souvent de te dire

Être là pour quelqu'un ne t'oblige pas à porter sa peine à sa place. Ses émotions sont à elle, et elle a le droit de les traverser.

Ta présence compte bien plus que ta souffrance partagée. Et une amie reposée aide mieux qu'une amie à bout.

Comment aider sans t'épuiser, en 4 étapes

  1. Pendant que tu écoutes, demande-toi : « De quoi a-t-elle besoin, là ? » Souvent, juste d'une oreille. Inutile de tout réparer.

  2. Fixe un cadre qui te protège aussi. « Ce soir, je suis dispo 30 minutes, après je dois dormir. »

  3. Après l'appel, fais un geste qui marque la fin. Ouvrir la fenêtre, mettre une musique, sortir marcher 5 minutes. Sa peine reste au téléphone.

  4. Envoie-lui de la chaleur plutôt que ton inquiétude. « Je pense à toi, je t'embrasse. » Ton inquiétude, écris-la dans ton journal.

Et si c'est plus grave ?

Si une personne proche parle d'en finir, ne porte pas ça seule. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit, gratuitement, aussi aux proches qui s'inquiètent. En cas de danger immédiat, appelle le 15 ou le 112.

Ton geste aujourd'hui : sois là pour quelqu'un sans prendre sa peine sur toi. Écoute sans chercher à tout réparer, puis sors marcher 5 minutes.

Et si tu as du mal à poser ce cadre, lis aussi : Comment dire non sans culpabiliser.

Pour prendre soin des autres sans t'oublier

Cet article reprend la leçon 31 de « L'amour de soi au quotidien », le journal à imprimer pour arrêter de t'oublier. 100 leçons, 100 vraies études, 100 petits gestes, et de la place partout pour écrire. 5 minutes par jour.

Une idée par jour, en vidéo, sur Instagram : @amourdesoi.auquotidien.

Aelin, Amour de soi au quotidien